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Du simple jogging au marathon


Marathon Montréal 1982
Quand on a besoin d'améliorer sa forme physique et sa vitalité rapidement, il existe une activité physique qui semble exigeante mais qui offre beaucoup de satisfaction.

DÉCOUVERTE

J'ai découvert le jogging au début des années 80 par hasard alors que je tentais difficilement d'améliorer ma forme et mon apparence physique. Encouragé par un ami, je m'étais inscrit à un cours de conditionnement physique en salle très tôt le matin, trois fois par semaine. J'avais 31 ans et pesais 195 livres.

À chaque séance on avait une période de jogging de 12 minutes qui s'allongeait à raison de 1 minute par semaines. Ainsi nous terminions cette série de cours avec un jogging de 20 minutes. Évidemment j'ai beaucoup souffert et à la fin (décembre 1980), je n'avais presque pas perdu de poids mais j'étais parvenu à tenir 20 minutes au jogging.

Ma grande déception était qu'après tous ces efforts, il n'y avait plus de cours en janvier 1981 et que j'allais perdre cette forme. Alors je me suis motivé et j'ai commencé à faire du jogging seul à l'extérieur au froid. Ça exigeait beaucoup de détermination et mon copain qui m'avait motivé à m'inscrire à un cours en septembre s'est joint à moi quand nos horaires concordaient.

Je suis donc passé rapidement de 20 minutes, à 25 puis à 30 minutes, presque à tous les les jours. C'est là que j'ai découvert qu'après 25 minutes de jogging, tout devenait facile. Parce que les 20 ou 25 premières minutes sont la période ou l'organisme s'échauffe et que le rythme cardiaque finit par atteindre un rythme de croisière. Après ça, ce n'est qu'une question de réserve d'énergie. Alors je crois que toutes les personnes qui n'ont guère couru plus de 25 minutes n'ont pas connu les plaisirs du jogging.

LA NAISSANCE D'UN RÉVE

Semaines après semaines, l'entraînement devenait de plus en plus agréable. je me souviens d'avoir avisé mon compagnon: "Un jour peut-être vous courrons le marathon". En avril 1981 nous avons participé à la première compétition amateur à Robeval, un 10 kilomètres, que j'ai trouvé exténuant. En compétition c'est différent, on doit se discipliner et maîtriser son orgueil.

Puis les compétitions se sont succédées, 10 km, 15 km. il y en avait beaucoup à cette époque et la participation des coureurs était excellente. C'était agréable de courir tout l'été sur les routes rurales avec le parfum exquis des différentes fleurs sauvages. Lors du passage dans différentes villes du Québec c'était une merveilleuse occasion de jogger et de visiter de nouveaux endroits. Je ressentais un bien-être et une fierté grandissante à mesure que mon poids diminuait et que ma forme physique s'améliorait.

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À l'automne et l'hiver 1981 nous nous entraînions sérieusement en prévision d'un premier marathon à Montréal à l'été 1982. Exceptionnellement cette année-là le Marathon devait avoir lieu le 30 mai au lieu de fin septembre. Alors nous devions nous entraîner tout l'hiver pour être en mesure de courir 42.2 kilomètres à la fin mai. Alors nous avions une séance d'entraînement au moins à tous les deux jours, 10 km, 15 km et parfois 20 km. Les plus longues sorties ont été de 30 km.

Mon poids avait beaucoup diminué, je pesais alors 143 livres, soit une diminution de 52 livres en un an et demi. J'étais dans une super forme. Nous avions l'habitude de participer à la course des Pichous (15 km) dans le cadre du Carnaval Souvenir de Chicoutimi, vers la fin février. C'était toujours une course excitante parce que la participation était nombreuse (1400 participants) et diversifiée. En plus, c'était la première compétition de l'année.

MON PREMIER MARATHON


Nous arrivions au grand jour, mais j'avais une tendinite au genoux gauche. Surentraînement. J'allais consulter un physiâtre à l'Université Laval à Québec, le Dr Pierre Béliveau, un marathonnien lui-même. Serait-il dangereux de participer à un marathon dans cet état? Non, mais douloureux. Comment m'interdire d'y participer alors que j'y serais quand même. Le Dr Béliveau connaissait bien les marathonniens.

Arrivé à Montréal la veille de la compétition, impossible de dormir. Toute cette nervosité face à l'inconnu. Serai-je capable de terminer la course? Dans quelle aventure m'étais-je embarqué? Comment ça se passe un marathon? Avais-je surestimé mes capacités? Quoi manger ou ne pas manger avant la compétition? J'avais pourtant beaucoup lu sur le sujet.

Le matin de la course, quelle nervosité! Petit déjeuner à 5 heures 30 pour avoir le temps de digérer avant le départ qui doit avoir lieu à 10 heures. Au le parc de l'Île St-Hélène, des milliers de coureurs se préparent pour l'événement peut-être le plus important de leur vie. Graissage à la vaseline, séance d'échauffement et d'étirement. Nous devrions être plus de 12,000 coureurs au départ.

Comme je disais plus tôt, exceptionnellement le Marathon de Montréal se tenait pour la première et dernière fois en mai. Ce choix de date n'est jamais revenu par la suite parce que les coureurs nordiques ont trop peu de temps pour s'entraîner avant l'évènement à cause de la saison hivernale. Aussi la température risque d'être élevée à cette période de l'année.

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C'est ce qui arriva à ce marathon du 30 mai 1982. La consigne d'usage indiquait, à l'aide de drapeaux rouges au départ sur le pont Jacques Cartier, que le coureurs devaient y aller modérément à cause de la température qui a atteint par moment 30 degrés celcius avec un taux d'humidité élevé. Cela augmentait les risques de coups de chaleur ou de déhydratation.

A l'arrivée sur le pont Jacques Cartier, quelle frénésie! Douze milles coureurs entassés qui fourmillent de nervosité dans l'attente du signal de départ. Quelques échanges avec des participants venant de partout: Canada, USA, France, Italie, Étiopie et j'en passe...

Et c'est le signal de départ. D'abord nous devons marcher. Nous sommes trop entassés pour courrir et il faut attendre que le pelotton s'étire. Après quatre ou cinq minutes nous faisons nos premier pas de jogging. L'excitation s'empare de nous. Enfin nous vivons le moment tant attendu depuis plusieurs mois. Je revois dans ma tête les nombreuses séances d'entraînement sur route, beau temps ou mauvais temps, et aujourd'hui c'est le grand jour.

Passage au cinquième kilomètre, tout va bien. Je suis heureux! Nous entrons sur la rue Sherbrooke. Long couloir d'environ 10 km, bordé de milliers de spectateurs qui encouragent les participants. Certains nous touchent au passage. C'est l'euphorie. Jamais je ne m'étais attendu à une telle satisfaction dans la réalisation d'un objectif.

Nous entrons sur la rue St-Zotique qui nous paraît interminable, je commence à ressentir de la fatigue. Qu'il fait chaud! La douleur au genoux gauche s'accentue, la tendinite me ralentit. Même parfois je dois marcher ou courir en alternance. On est au 28e kilomètre. Ce sera ainsi jusqu'à la fin.

Le soleil a disparu mais il fait toujours chaud, l'humidité nous accable. Nous traversons le pont de la Concorde pour arriver sur l'Ile Ste-Hélène. Dix derniers kilomètres sur le Circuit Gilles Villeneuve. Déjà on entend la foule au fil d'arrivée puisque nous passons près de l'arrivée avant d'effectuer la totalité du Circuit Gilles Villeneuve. Découragement. Comme j'aurais voultu être arrivé. Mais en vain. Course, marche, jogging et puis nous voilà au terme de cette longue aventure, mon copain et moi, nous franchissons le fil d'arrivée après 4 heures 37 minutes. Une joie indescriptible, satisfaction d'accomplissement, car pour moi le marathon avait commencé dès les premiers pas de jogging plus d'un an plus tôt.

Certificat Marathon de Montréal

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LES SIX HEURES

J'ai participé à quatre autres marathons les années suivantes dont le dernier fut le summum de ma courte carrière de course à pieds. Ensuite, avec les mêmes copains de jogging, j'ai participé à quatre reprises au Six Heures d'Alexis le Trotteur à La Doré au Lac-St-Jean, Une course d'endurance en équipe de trois dans laquelle nous courions à tour de rôle sur une piste ovale de 800 mètres pendant six heures. Cette épreuve était très exigeante puisque nous courions en alternance: environ 1 minute et demi en piste et 3 à minutes au repos.

LE MARATHON DE NEW-YORK

C'est à l'automne 1986 que j'ai atteint comme je le disais plus haut le summum de mon expérience de jogging. Après avoir participé à un quatrième marathon à Montréal et au Six Heures de La Doré en septembre, mon copain et moi avons été sélectionnés pour participer au Marathon de New York le 2 novembre. Je dis sélectionné parce qu'un nombre de 500 participants canadiens étaient choisis au sort et nous avions convenu d'y aller uniquement si nous étions choisis tous les deux. Et on a eu cette chance.

J'allais avoir la chance de réaliser mon plus grand rêve que je caressais depuis une dizaine d'années: visiter New York. J'en connaissais les rues par coeur, tous les principaux sites touristiques. En plus, je visiterais les principales rues en joggant. Sublîme.

Nous étions au meilleur de notre forme ayant été entraînés pour les deux compétions de septembre (Marathon de Montréal et Six Heures de La Doré), cependant je souffrais d'une double blesseure à la jambe gauche (tendinite et périostite). Je suis parvenu à convaincre mon médecin de me faire une infiltration à la cortisonne au genoux pour atténuer ma douleur lors du prochain marathon.

Nous sommes partis pour New York trois jours précédant le marathon pour arriver le vendredi en fin d'après-midi à Manhattan à l'heure de pointe. Excitant. J'étais tout énervé de découvrir enfin la vie du Big Apple. Connaisant bien les rues de Manhattan, nous sommes arrivés très facilement à notre hôtel sur la 8e Avenue à la hauteur de la 52e Rue. Nous étions tout près de Time Square. Ville excitante mais bruyante. Même difficile de dormir dans un bon hôtel (Howard Johnson) dans Manhathan.

certificat Marathon de New York

Le lendemain, la journée du samedi, fut consacrée surtout à une visite touristique du Big Apple. Mais avant tout, nous sommes allés à la confirmation officielle de notre inscription au Marathon. On nous réserva un accueil chaleureux puisque que nous étions d'origine canadienne et de langue française.

Suivit la visite à pieds du carré Rockfeller Center, Radio City Music Hall. Et la visite en voiture pour le reste de la journée: la Statue de la Liberté (Impressionnant), World Trade Center, Macy's et Central Park. Pour terminer, une incontournable randonnée en métro qui nous a conduit involontairement dans Harlem. J'ai alors compris pourquoi sur Brodway des boutiques vendaient des T-shirts avec l'inscription en anglais "J'ai pris le métro et j'ai survécu".

Inutile de vous dire que la nuit qui précéda le marathon fut courte. Lever à cinq heures, déjeuner à six heures à un restaurant face à notre hôtel. Un participant au marathon est sorti de sa chambre en même temps que nous et s'est joint à nous. Il parlait anglais mais il était originaire de Quito en Équateur, donc de langue espagnole. Mais il habitait Miami. Il se prénommait Edgar Bravo et se disait ravi d'avoir la chance d'échanger avec des francophones car il apprenait le français. Nous avons causé pendant les quelques heures précédant le départ du marathon.

New YorkArrivés à Staten Island, Nous étions 20,000 participants nerveux et impatients, longues files d'attentes pour les nombreuses toilettes chimiques. Le départ a été retardé d'une heure à cause d'une averse. Puis nous nous sommes dirigé sur le Verazano Bridge pour le signal de départ. Il y avait deux files de coureurs: les femmes à gauche et les hommes à droite. Mais les deux pelotons de coureurs devaient se réunir quelques kilomètres plus loin. On a dû marcher sur deux ou trois kilomètres avant de commencer à courir légèrement.

On traversa alors Brooklyn. Merveilleux! Puis ce fût le quartier de Queens avant de traverser à Manhattan sur le Queenborro Bridge, sur lequel on avait déroulé un long tapis pour protéger les pieds des coureurs.

C'est en arrivant à Manhattan, soit sur la 5e Avenue, que ma douleur au genoux gauche s'est intensifiée. Alors là j'ai dû me résigner à courir et marcher en alternance jusqu'à la fin. L'ambiance était différente. Nous étions entourés de gratte-ciels et la foule de spectateurs était plus dense. En traversant Harlem, les bâtiments était vieux et parfois abandonnés. Cette partie du parcours semblait peu rassurante mais quand même intéressante à voir. Cette population de noirs participait à sa façon à la fête.

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Nous voilà enfin dans Central Park avec un paysage plus familier, avec ses sentiers et arbres à peine dégarnis de leur Ligne d'arrivée feuillage, puisque celles-ci tombent plus tard que dans notre Québec nordique. J'ai de plus en plus de difficulté à courir et même marcher. Je dois résister et terminer ce marathon. C'est ce qui compte le plus pour moi. J'avais tant rêvé de cet exploit, pas question d'abandonner. J'entends de plus en plus la foule qui encourage les participants dans leurs derniers efforts. Nous longeons maintenant la 49e Rue, plus qu'un kilomètre. Mon copain est sans doute arrivé maintenant puisqu'il m'a devancé, n'ayant pas de blessure.

Maintenant le dernier droit. Je vois la bannière "Finish". Les émotions m'envahissent. Je pleure, comme un enfant, pour la première fois en terminant une telle épreuve. Je suis heureux, exténué. Personne à qui l'exprimer. Je recherche mon copain parmi ces milliers de coureurs. Je le trouve enfin à notre autobus qui nous avait conduit au fil de départ.

Mission accomplie. J'ai enfin réalisé mon rêve des deux dernières années: J'ai vu New York, j'ai couru dans New York et j'ai terminé le Marathon de New York, le plus prestigieux pour son nombre de participants. Quel bonheur!!!

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© Alain Mailhot 1998-2009 - Copyright Dépôt #00033334