Voilà
le titre d'un livre écrit et édité par une grande
dame de 86 ans qui a choisi de laisser en héritage à ses
enfants et petits enfants, l'histoire de la famille Gagnon-Dumas, l'histoire
de sa vie.
Après avoir pris connaissance
du programme J'écris ma vie en 1999, elle s'achète
un ordinateur et se familiarise avec le traitement de textes Word.
Ensuite elle remonte sa vie par ordre chronologique et consacre plusieurs
heures par jour à l'écriture.
Tout récemment, elle procédait
au lacement de son oeuvre, qu'elle a édité elle-même,
en présence de sa famille, parents et ses amis. Laissons madame
Rolande Gagnon nous livrer sa conception qu'elle avait du bonheur:
Tout le monde est à la recherche du bonheur
qu'on présente aujourd'hui comme une invention de l'industrie du
marketing. Si le bonheur c'est d'avoir tout réussi: sa vie, sa carrière,
sa famille, son épanouissement personnel et avoir comblé
tous ses désirs, alors je ne connais personne qui puisse se dire
heureux.
Après avoir rejeté la religion, les
baby-boomers cherchent le sens de leur vie dans la consommation et dans
le culte du corps et de la santé, convaincus que le bonheur est
là. Le bonheur est à la porté de celui qui fait la
sourde oreille au tapage de ceux qui nous créent des besoins. La
recherche du bonheur a le tort de faire reposer la responsabilité
sur l'individu. "C'est de sa faute s'il n'est pas heureux". On confonds
désormais confort et bien-être. Que faut-il pour être
heureux? Qu'est-ce que le bonheur? Le bonheur est une trajectoire et non
une destination. La vérité est que le meilleur moment pour
être heureux est le moment présent, sinon quand le serons-nous?
La vie sera toujours pleine de défis à relever et de projets
à terminer.
Malgré tout ce que j'ai vécu au cours
des années, j'ai eu des moments de bonheur. Un bon mari qui me secondait
en tout, la naissance de mes enfants et leur épanouissement m'apportaient
du bonheur. Lorsque nous étions capables de payer une amélioration
dans la maison pour que la vie soit plus facile, comme par exemple des
meubles, des accessoires électriques nouveaux, de beaux vêtements
qui m'évitaient de coudre ou des nouveautés que mon
mari m'apportait en surprise, cela me faisait évidemment plaisir.
Tout cela était pour moi le bonheur que je cueillais à chaque
jour. Vers la cinquantaine, j'ai senti le besoin de sortir de la maison
pour suivre des cours ou faire du bénévolat dans divers organismes
du milieu. J'ai rencontré des gens admirables, j'ai donné
du temps à la société, j'ai trouvé là
aussi beaucoup de bonheur. Aujourd'hui, je vis retirée, Mais j'essaie
de semer le bonheur autour de moi autant que possible.
Je crois que l'âge apporte la sagesse, l'humilité,
la tolérence et la capacité de comprendre et d'aimer les
autres.